Chez nous, la terrine de sanglier de ma grand mère était l’entrée des grandes tablées, celle qu’on déposait fièrement au centre, entre les cornichons et le pain encore tiède. Sa force tient à un équilibre subtil entre tradition et patience. On prépare, on laisse reposer, on cuit doucement, puis on attend encore, pour que les saveurs se lient. C’est un plat généreux qui raconte la famille, la forêt et les saisons.
💡 À retenir
- Le sanglier est une viande riche en protéines et faible en gras.
- La terrine peut se conserver jusqu’à une semaine au réfrigérateur.
- Une étude montre que les plats faits maison renforcent les liens familiaux.
La terrine de sanglier, un délice à partager
Ce qui fait le charme de cette terrine, c’est son côté profondément familial. On prend le temps de choisir une belle pièce de sanglier, de préparer la marinade, puis de laisser faire le temps. Ce repos transforme une viande robuste en bouchées parfumées et moelleuses. La terrine de sanglier de ma grand mère en est l’exemple parfait, toujours attendue et toujours finie avant la dernière tartine.
Le sanglier est naturellement riche en protéines et plutôt maigre, ce qui demande une part de gras pour obtenir une texture fondante. C’est là qu’entrent en scène la poitrine de porc et le lard, qui apportent moelleux et tenue. La cuisson douce au bain-marie et le repos au froid assurent une texture harmonieuse, facilement tranchable, avec ce parfum rustique et élégant à la fois.
Un dernier détail a compté chez nous, et il compte encore. On coupe la terrine à table, à la vue de tous, car partager la découpe crée de vrais moments. Une étude l’a confirmé depuis, les plats faits maison rassemblent et nourrissent les liens. Rien d’étonnant quand on voit les yeux qui brillent au moment de servir.
L’histoire de la terrine de sanglier
Je revois ma grand-mère qui notait ses proportions sur un coin de cahier, sans jamais peser autant qu’elle le disait. La recette évoluait selon la chasse, les saisons et l’humeur des invités. Parfois un peu plus de baies de genièvre, parfois des noisettes, parfois rien de plus qu’un trait de cognac.
Cette souplesse a façonné notre version. On respecte les marqueurs de la tradition, le repos, la cuisson douce, la découpe nette. Tout le reste se joue dans les détails. C’est ce qui rend la terrine vivante, et c’est pour cela qu’on s’y attache.
Ingrédients nécessaires
Pour une terrine familiale de 1,5 à 2 kg, l’idée est de marier la chasse à un gras de porc de qualité. On vise environ 30 % de gras dans l’ensemble pour une coupe souple et un goût rond. Ajustez selon vos préférences, mais évitez de descendre trop bas si vous voulez éviter une terrine sèche.
Voici une base qui fonctionne très bien pour une terrine savoureuse et équilibrée :
- Viandes: 1 kg d’épaule de sanglier en dés, 500 g de poitrine de porc, 200 g de lard gras, 150 g de foie de volaille
- Marinade: 50 cl de vin rouge, 2 c. à s. de cognac, 1 oignon, 2 carottes, 2 gousses d’ail, 1 bouquet garni, 8 baies de genièvre
- Liaison et assaisonnement: 2 œufs, 60 g de chapelure, 18 g de sel/kg de farce, 2 g de poivre/kg, 1 pincée de muscade
- Éléments de texture: 80 g de pistaches ou noisettes, 100 g d’échine de sanglier en lanières
- Finition: bardes de lard pour chemiser, feuilles de laurier
Le vin joue un rôle important dans la marinade, mais ne doit pas écraser. Un rouge fruité et souple convient bien. Pour une note plus fraîche, un vin blanc aromatique fonctionne aussi, surtout si vous aimez une terrine plus légère en arômes boisés.
Choix des ingrédients
Privilégiez un sanglier de battue jeune ou une partie d’épaule, plus tendre. Évitez les morceaux trop nerveux sauf si vous les hachez finement. La poitrine de porc et le lard gras sont vos alliés pour la tenue et le fondant. Une astuce simple consiste à hacher la moitié du porc finement et à garder le reste en hachis plus gros pour une texture contrastée.
Pour l’assaisonnement, pesez la farce et salez au gramme près. La règle maison reste 18 g de sel par kilo et 2 g de poivre noir par kilo, à ajuster au goût avec un petit test de cuisson. Ne surchargez pas les épices, la viande doit rester la star.
Étapes de préparation

Une terrine réussie commence dès la veille. La viande coupée en dés se love dans une marinade parfumée qui pénètre doucement. Réfrigérez et remuez une ou deux fois. Après égouttage, gardez les aromates pour la cuisson si vous aimez leur présence, sinon jetez-les pour un goût plus net.
Hachez en alternant fin et moyen, selon la texture que vous souhaitez. Ajoutez les œufs, la chapelure, assaisonnez et incorporez les fruits secs ou les lanières d’échine. Cette alternance de grains donnera de belles tranches, nerveuses sans être sèches.
Cuisson et mise en forme
- Chemisez la terrine avec des bardes, en laissant dépasser pour rabattre. Remplissez à mi-hauteur, ajoutez les lanières d’échine et finissez de garnir. Tassez délicatement, sans écraser.
- Posez 2 feuilles de laurier. Couvrez et placez dans un plat avec de l’eau chaude pour une cuisson au bain-marie.
- Enfournez à 160 °C, jusqu’à atteindre 68 à 70 °C au cœur. Comptez 1 h 15 à 1 h 45 selon la taille. Évitez l’ébullition de l’eau.
- Sortez du four, laissez tiédir, puis pressez légèrement avec une planche propre et un poids pour une coupe nette.
- Réfrigérez au moins 24 h, idéalement 48 h, avant de trancher. Les saveurs se lient pendant ce temps.
Pour un arôme plus intense, remplacez la moitié du vin de marinade par un bouillon corsé. Si vous préférez une terrine plus douce, réduisez la marinade à 12 h et sucrez très légèrement avec une pincée de cassonade pour arrondir les tanins.
Conseils pour réussir votre terrine
La texture se joue au hachage et à la proportion de gras. Un hachage trop fin uniformise tout. Un hachage trop gros peut rendre la terrine friable. Cherchez l’équilibre. Goûtez l’assaisonnement avec un morceau poêlé. C’est la technique la plus sûre pour ajuster sel et poivre avant cuisson.
La cuisson doit rester douce. Ne laissez pas l’eau frémir. Surveillez la température interne, plutôt qu’un temps fixe. Une fois cuite et pressée, laissez-la reposer deux jours, vous serez surpris par la profondeur des arômes. La terrine de sanglier de ma grand mère a toujours été meilleure le surlendemain, jamais le jour même.
- Pesez la farce et saler à 18 g/kg, poivrer finement, testez à la poêle.
- Gardez un peu de gras visible pour la brillance et le fondant en bouche.
- Chemisez soigneusement pour éviter le dessèchement en surface.
- Nettoyez les bords de la terrine avant cuisson pour une finition nette.
Préservation et conservation
Une terrine bien emballée se garde jusqu’à 1 semaine au réfrigérateur, dans un film étirable ou une boîte hermétique. Tranchez au fur et à mesure pour éviter le dessèchement. Vous pouvez aussi couler une fine couche de gelée avant le froid pour une protection supplémentaire.
Servez-la fraîche mais pas glacée, autour de 10 à 12 °C. C’est à cette température que les arômes ressortent. Rappelez-vous que le sanglier est une viande riche en protéines et naturellement peu grasse, ce qui explique la nécessité d’un ajout de gras dans la recette pour l’onctuosité.
Variantes de la recette
La base traditionnelle se prête à toutes sortes de touches modernes. Ajustez les épices, jouez avec les fruits secs, introduisez un alcool différent. Le tout est de garder une ligne claire et de ne pas multiplier trop d’ingrédients à la fois. La terrine de sanglier de ma grand mère accepte deux variantes à la fois, rarement plus.
- Version forestière: noisettes torréfiées, dés de cèpes poêlés, pointe de thym citron.
- Note acidulée: zeste d’orange, cranberries séchées, un trait de porto.
- Plus de caractère: pistaches entières, baies de genièvre écrasées, touche de poivre vert.
- Légère mais goûteuse: augmentez la part de sanglier à 70 %, réduisez le gras, ajoutez une mirepoix très fine.
Si vous tentez une cuisson sous vide, gardez une texture hachée et ajoutez plus de liant, sinon la tranche se défait. À la coupe, une terrine doit être franche, brillante, avec des inclusions visibles, jamais pâteuse.
Astuces de service
Tranchez avec un couteau à lame fine et chaude, essuyé entre chaque coupe. Les tranches d’environ 1 cm mettent en valeur la texture et permettent de belles assiettes. Servez avec des cornichons, des oignons au vinaigre, un chutney de saison et un pain de campagne généreux. Pour une version plus élégante, optez pour un pain aux noix ou aux figues.
Côté présentation, jouez la simplicité. Une belle ardoise, quelques herbes, des fruits secs en rappel. La terrine de sanglier de ma grand mère se prête bien aux buffets, aux pique-niques et aux apéros dînatoires. Si vous préparez des mini-terrines, réduisez la cuisson et conservez le même soin dans le repos au froid.